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> Près de vous > Histoires > Pierre Demay : est-ce que je pourrai continuer à voyager comme nous le faisions avant ? Après janvier 2006, date de mon implantation cochléaire, une question subsistait : est-ce que je pourrai continuer à voyager comme nous le faisions avant ? Prendre l’avion, effectuer des vols long courrier, avoir une autonomie suffisante sur le plan physique, la capacité de maîtriser mon implant dans des situations plus complexes qu’à mon domicile, …
Un premier essai courant 2006, vers le 11 juillet ! Départ Toulouse via Francfort, destination Venise a dissipé mes toutes dernières appréhensions.
Sur la lancée, mon épouse Chantal programme un séjour de trois semaines en Chine, un vol long courrier Paris – Hong Kong via Pékin, suppose une organisation différente tenant compte des acquis antérieurs et des essais improvisés lors de notre voyage à Venise.
Il s’agit d’abord et avant toute chose de protéger le processeur contre l’humidité, la poussière et éventuellement les chocs. Une pochette en plastique étanche est la meilleure solution. Il faut également envisager une possible grève, voire un incident qui pourrait allonger la durée du temps de déplacement, et prévoir en conséquence une autonomie d’alimentation en énergie.
Pour cela, nous avons commandé deux piles PowerCel Auria étendues ; avec la dotation initiale contenue dans le pack j’approche ainsi 90 heures ; ce délai optimise quelques défauts de logistique.
Sur demande au siège à Rixheim, il est facile d’obtenir des cartes de porteur d’implant dans les langues les plus usitées.
Curieusement, le porteur d’implant cochléaire est assimilé à un porteur de pacemaker ; rares sont les contrôleurs qui sont familiers à ce type de prothèse.
Afin d’éviter tout incident, il est préférable de les suivre dans leurs procédures. On échappe au portique remplacé par une fouille près du corps réalisée de manière correcte mais efficace.
Leur surprise commence lors du déballage de la malette contenant les piles, le chargeur, le déshydrateur, et les différents modèles de prises qui permettent la recharge lors des séjours dans les hôtels. Ne les oubliez pas, j’ai utilisé tous les modèles … !
Dans l’avion selon son humeur et les circonstances, on peut garder l’écoute ou bien se réfugier dans un silence réparateur !
Dans tous les aéroports, la communication pose quelques difficultés ; les appels et messages sont inaudibles, seuls les tableaux d’affichages sont lisibles (à condition de maîtriser l’anglais).
Il est préférable de voyager en groupe et de Suisse… ! ou bien d’être accompagné, cela élimine le stress induit par notre situation. Afin de faciliter la vie à Chantal, je porte une coiffure rouge en béret de préférence, la casquette déconnecte l’antenne ! Quand au chapeau, je ne l’ai pas envisagé !
Toutes ces précautions se sont révélées peu efficaces à Canton où, avec trois autres touristes, nous avons perdu contact avec le groupe. Heureusement, les chinois et les guides sont d’une efficacité incroyable pour retrouver les égarés. L’importance d’informer le groupe et le guide de notre situation est capitale, les attitudes changent et la courtoisie remplace la méfiance.
Le guide sachant qu’une partie de ses explications est mal perçu ne se formalise pas de notre comportement. Mon voyage, c’est avant tout une sélection de photos ! j’ai le champ libre.
Un voyage est une évasion, un passage vers l’inconnu. Chacun selon sa culture en tire ses analyses et ses conclusions.
Chers amis implantés, ne vous privez pas de ces joies. Le voyage, c’est également la possibilité, grâce aux technologies mises en œuvre, de nous mettre en situation d’égalité et de partage avec l’ensemble de l’humanité.
Villecelle, le 23 mai 2007
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